Rentrée : votre chien ou votre chat va se retrouver seul toute la journée




Le jeudi 3 septembre, les élèves de l'académie de Corse reprennent le chemin de l'école. En quelques jours, une maison qui était pleine tout l'été se vide du matin au soir. Pour beaucoup d'animaux, ce basculement est le plus brutal de l'année.
 

L'été, c'est deux mois où quelqu'un est presque toujours là. Les enfants ne travaillent pas, la famille passe, les journées s'étirent. Puis, du jour au lendemain, plus personne entre huit heures et dix-sept heures. Les animaux adoptés pendant les vacances, chiots et chatons compris, découvrent la solitude pour la première fois.
 

La bonne nouvelle, c'est que ce passage se prépare, et que les signes de mal-être sont lisibles quand on sait quoi regarder.


Chez le chien : reconnaître le mal-être, pas la « bêtise »

Chien attendant à la maison après le départ pour l'école le matin de la rentrée
Chien attendant à la maison après le départ pour l'école le matin de la rentrée

Les signes qui doivent attirer votre attention :

 
  • Des destructions localisées près des sorties : porte d'entrée, encadrement, fenêtres, tapis de l'entrée. Un chien qui s'ennuie détruit un peu partout ; un chien angoissé s'acharne sur les points de sortie.
  • Des vocalises prolongées : aboiements, hurlements, gémissements. Ce sont souvent les voisins qui vous l'apprennent, ce qui compte particulièrement en immeuble.
  • Des urines ou des selles à la maison chez un chien parfaitement propre le reste du temps.
  • Une salivation importante, repérable à des traces humides sur le sol ou le panier au retour.
  • Un léchage répété au même endroit, parfois jusqu'à la perte de poils.
  • Un refus de manger en votre absence, alors que la gamelle est vidée dès votre retour.
  • De l'agitation avant même votre départ : le chien commence à s'inquiéter quand vous prenez vos clés ou enfilez vos chaussures. Il a appris à lire les signaux qui annoncent la séparation.
  • Un accueil disproportionné au retour, qui dure plusieurs minutes.
 

Un seul de ces signes ne suffit pas à conclure. C'est leur association, et surtout leur apparition au moment précis du changement de rythme, qui oriente.


Cinq gestes qui aident réellement :

 
  • Dédramatiser les départs et les retours. Les longues effusions avant de partir et les retrouvailles enthousiastes renforcent le contraste entre votre présence et votre absence. Sortir sans cérémonie, rentrer calmement, et attendre que le chien se soit apaisé pour le saluer.
  • Occuper le début de l'absence. Les premières minutes sont les plus difficiles. Un jouet distributeur de croquettes, un tapis de léchage, un os à mâcher adapté donnent au chien quelque chose à faire au moment où le stress est maximal. Le repas du matin peut être servi de cette façon plutôt que dans une gamelle.
  • Dépenser avant de partir. Une vraie sortie le matin, avec du reniflage et non seulement de la marche, change beaucoup de choses. Le reniflage fatigue un chien davantage qu'on ne l'imagine.
  • Désamorcer les signaux de départ. Prendre ses clés et se rasseoir. Enfiler ses chaussures et rester à la maison. Répété plusieurs fois par jour, cet exercice vide ces gestes de leur signification.
  • Y aller progressivement. Si votre chien n'a pas été seul de l'été, ne commencez pas par huit heures d'affilée. Quelques minutes, puis un quart d'heure, puis une heure, en revenant toujours avant qu'il ne s'inquiète.

 

Ce qui ne fonctionne pas :

 
  • Punir au retour. Le chien ne fait pas le lien avec un acte commis plusieurs heures plus tôt. Il associe simplement votre retour à une menace, ce qui aggrave son anxiété.
  • Adopter un deuxième animal pour tenir compagnie au premier. L'intention est bonne, mais un chien attaché à ses humains reste angoissé par leur absence, même accompagné. Vous risquez surtout de vous retrouver avec deux animaux en difficulté.
  • Laisser la télévision ou la radio en pensant que ça suffit. Cela peut aider un peu à masquer les bruits extérieurs, mais ne traite en rien le fond du problème.

Chez le chat : les signes sont plus discrets

Chat observant la rue depuis son poste d'observation à la fenêtre
Chat observant la rue depuis son poste d'observation à la fenêtre

L'idée que le chat est indifférent à la solitude a la vie dure. Elle est fausse. Le chat s'attache à son environnement et à ses habitudes, et un bouleversement du rythme de la maison le perturbe réellement. Ses signaux sont simplement plus difficiles à lire.
 

  • Des urines en dehors de la litière, ou des marquages sur des zones associées à ses propriétaires : lit, canapé, sacs, chaussures.
  • Un toilettage excessif, qui finit par dégarnir le ventre, les flancs ou l'intérieur des cuisses.
  • Des vomissements ou une baisse d'appétit sans cause alimentaire.
  • Des vocalises, en particulier le soir ou la nuit.
  • Un chat qui se cache beaucoup plus qu'avant, ou qui devient au contraire collant au point de ne plus vous lâcher.
 

Un point mérite une vigilance particulière : le stress est un facteur reconnu de troubles urinaires chez le chat. Un chat qui se rend fréquemment à la litière, qui y reste sans résultat, qui miaule en urinant ou dont les urines contiennent du sang doit être examiné sans attendre. Chez le mâle en particulier, une difficulté à uriner ne doit jamais être surveillée à la maison.

 

Ce qui aide un chat à mieux vivre les journées seules :

 
  • Enrichir en hauteur. Un chat qui dispose d'étagères, d'un arbre à chat ou du haut d'une armoire a bien plus d'espace utile qu'il n'y paraît, surtout en appartement.
  • Multiplier les cachettes. Un carton, un panier fermé, un dessous de lit accessible. Pouvoir se soustraire au monde fait partie de son équilibre.
  • Respecter la règle des litières. Une litière par chat, plus une, placées dans des endroits calmes et séparées des gamelles.
  • Un poste d'observation. Une fenêtre avec vue sur la rue occupe un chat une bonne partie de la journée. En immeuble, la sécurisation de l'ouverture est indispensable, et les fenêtres oscillo-battantes représentent un danger réel.
  • Une séquence de jeu le soir. Dix minutes de canne à pêche qui se terminent par une prise et un repas reproduisent une séquence de chasse complète. C'est ce qui apaise le mieux un chat d'intérieur.

Quand consulter

Certaines situations demandent un examen plutôt qu'un aménagement du quotidien.

Une malpropreté qui apparaît brutalement chez un animal propre depuis des années n'est pas forcément comportementale. Une infection urinaire, une douleur articulaire qui empêche d'accéder à la litière, un trouble digestif ou, chez un animal âgé, un déclin cognitif produisent exactement les mêmes signes. La démarche est toujours la même : écarter d'abord une cause médicale, puis travailler le comportement.
 

Consultez également si les signes s'installent malgré les aménagements, si votre animal se blesse, ne mange plus, ou si la situation devient difficile à vivre pour vous ou pour votre voisinage. Un travail comportemental structuré donne de bons résultats, et un traitement peut y être associé lorsque l'anxiété est importante. Cela se décide en consultation, jamais en autonomie : les médicaments destinés aux humains sont dangereux pour les animaux.


Questions fréquentes

Combien de temps un chien peut-il rester seul ? Pour un chien adulte équilibré, une demi-journée est généralement bien supportée, à condition d'avoir eu une vraie sortie avant et de pouvoir se soulager ensuite. Un chiot ne peut pas être laissé aussi longtemps : sa capacité à se retenir et sa tolérance à la solitude se construisent progressivement.

Mon chien détruit tout quand je pars, il le fait exprès ? Non. La destruction est un comportement de panique, pas une punition qu'il vous infligerait. C'est d'ailleurs pour cette raison que gronder au retour aggrave systématiquement la situation.

Faut-il prendre un deuxième animal pour lui tenir compagnie ? Ce n'est pas une solution à l'anxiété de séparation. Un animal attaché à ses propriétaires reste en détresse en leur absence, même avec un congénère.

Mon chat urine hors de sa litière depuis la rentrée, que faire ? Prendre rendez-vous. Ce signe peut être d'origine comportementale, mais il révèle aussi fréquemment un problème urinaire. Un chat mâle qui se rend souvent à la litière sans uriner doit être vu rapidement.

Un chaton adopté cet été va-t-il s'habituer tout seul ? Il s'habituera d'autant mieux qu'on l'y prépare. Habituez-le dès maintenant à des absences courtes, plutôt que de le laisser découvrir une journée entière de solitude le jour de la rentrée.
 

En cas de doute sur l'état de santé de votre animal, appelez la clinique au 04 95 700 700 pendant nos horaires d'ouverture, ou prenez rendez-vous en ligne sur Captainvet.

Clinique Vétérinaire de l'Altagna — Centre Commercial des Salines, 20090 Ajaccio. Stationnement sur place. Du lundi au vendredi de 8h30 à 18h, le samedi de 9h à 13h.

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